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Le bilan de la commission Barroso

 

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Le bilan de la commission Barroso

Note importante : J-M Barroso a été officiellement reconduit à la tête de la Commission Européenne lors de la séance du 16 septembre 2009 du Parlement Européen.

Le bilan
Pour ou contre la reconduction
Commentaires

Le bilan de la commission Barroso1

(novembre 2004 - juin 2009)

 

Environnement et énergie

  • Réduction des tarifs de la téléphonie mobile2.
  • Facilitation des paiements transfrontaliers.
  • Mise en place de mesures contraignantes afin de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, d’augmenter de 20% la part des énergies renouvelables et accroitre de 20% le rendement énergétique.
  • 4 milliards d’euros consacrés au financement d’une infrastructure énergétique transeuropéenne.
  • Un accord relatif au développement du captage et du stockage de carbone.
  • À partir de 2013, la quantité de gaz à effet de serre que l’industrie peut émettre diminuera d’année en année. Les entreprises qui ne diminueront pas leurs émissions devront acheter des « quotas » sur le marché et ces quotas deviendront plus rares et plus onéreux au fil des ans.
  • L’UE a accepté de faire passer son engagement de réduire les gaz à effet de serre de 20 % à 30 % si d’autres pays lui emboîtaient le pas lors de la conférence de Copenhagues.

Economie, social, emploi et concurrence

  • Elargissement de la zone euro à 16 pays.
  • Plan européen pour la croissance économique accompagné d’un remaniement du système financier3 avec des initiatives comme le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation4 destiné aux Européens en difficulté.
  • L’application des règles de concurrence5.
  • Nouvelles règles afin de faire disparaitre les taxes cachées des sites Internet des compagnies aériennes.
  • Initiatives en matière de non-discrimination visant à garantir un traitement équitable entre travailleurs6.
  • Les personnes handicapées se sont vu accorder plus de droits et jouissent désormais d’un minimum de droits lorsqu'elles voyagent.
  • Libéralisation des secteurs tels que les services postaux, les transports et l’énergie.
  • Programme de dépense dans lequel plus de la moitié du budget de l’UE sera consacré à la compétitivité et à l’emploi.
  • Le Fonds social européen soutient désormais des formations pour quelque 9 millions de personnes chaque année.
  • La loi sur les petites entreprises (« Small Business Act ») présente dix étapes concrètes visant à favoriser la croissance des petites et moyennes entreprises européennes6.
  • Programme européen « Mieux légiférer » qui vise à réduire les entraves au commerce, avec des économies de 30 milliards d'EUR désormais prévues. La plupart des États membres se sont engagés à souscrire à l’objectif de l’UE consistant à réduire les entraves de 25 % d’ici 20127.
  • La politique de cohésion actuelle prévoit de créer 1,4 millions d’emplois dans les 15 États membres les plus pauvres d’Europe.

Justice, sécurité, coopération policière, immigration et libre-circulation des personnes

  • Simplification de la règlementation européenne avec la suppression de près de 10% des dispositions législatives du corpus communautaire.
  • La libre-circulation des personnes (accords de Schengen) s’est étendue à 9 nouveaux pays et dans le même temps, le contrôle aux frontières extérieures a été renforcé.
  • Intensification de la coordination entre Etats membres afin de lutter contre la criminalité, le terrorisme et améliorer la coopération judiciaire.
  • Liste noire des compagnies aériennes n’offrant pas de garanties de sécurité minimales.
  • Donner progressivement aux citoyens des nouveaux Etats membres la possibilité de travailler partout dans l’UE (ce processus s’achèvera d’ici 2011).
  • Création d’un mandat d’arrêt européen pour les infractions pénales graves.
  • Echange d’informations relatives à l’ADN et une aide accrue aux victimes du terrorisme.
  • Un nouveau système d’information permet de signaler immédiatement les nouveaux risques concernant la grippe aviaire aux autorités sanitaires de toute l’UE.
  • Depuis 2002, plus de 2 millions de personnes ont immigré vers l’UE chaque année.

Commerce et relations extérieures

  • L’Union européenne et la Commission européenne ont toujours été présentes aux réunions du G8 et du G20, à l’Organisation mondiale du commerce, aux négociations des Nations Unies sur le changement climatique.
  • En termes de concurrence extérieure, des accords ont été conclu notamment pour le levée des restrictions sur les exportations de produits cosmétiques vers la Corée, sur les ventes de boissons en Malaisie, ou encore la garantie de conditions égales pour les fournisseurs d’informations financières en Chine.
  • Libéralisation du transport aérien transatlantique8.
  • L’UE et ses États membres apportent 60 % de l’aide au développement mondial. Le Bureau d’intervention humanitaire de l’UE a apporté son soutien à plus de 100 pays depuis 2004, aidant ainsi près de 150 millions de personnes chaque année.
  • Création en 2008 d’un mécanisme d’aide alimentaire spécial de 1 milliard d'EUR. Ce soutien était notamment prévu pour permettre aux agriculteurs d’acheter des semences et des engrais afin de reconstruire la capacité de production alimentaire des pays en développement.
  • Contribution à la paix au Timor oriental, au Tchad, en Géorgie.
  • L’UE poursuit les négociations sur l’élargissement avec la Croatie et la Turquie et a reconnu la qualité de candidat potentiel de l’ancienne République yougoslave de Macédoine. Cinq autres pays des Balkans occidentaux font figure de candidats potentiels.
  • 16 partenaires bénéficient d'un accès au marché intérieur et de concessions commerciales particulières ainsi que d'un soutien financier. En même temps, cette politique permet des réformes démocratiques.
  • Création et renforcement de partenariats stratégiques avec les puissances émergentes, en donnant une nouvelle orientation à ses relations avec la Chine, l’Inde et le Brésil.
  • Partenariat « d’égal à égal » visant à l'approfondissement des relations avec l’Afrique.
  • Les normes européennes auraient inspiré également le marché mondial9.

Notes et référence

  1. ↑ Pour en savoir plus : http://ec.europa.eu/news/images/eu_explained/090528_fr.pdf
  2. ↑ Ainsi, en 2006-2007, les prix des appels en téléphonie mobile ont baissé de 14 %. Nouvelle proposition de la commission : http://ec.europa.eu/commission_barroso/president/focus/roaming/index_fr.htm
  3. ↑ Plus d’information sur la relance européenne : http://ec.europa.eu/commission_barroso/president/focus/credit_crunch/index_fr.htm
  4. ↑ http://europa.eu/legislation_summaries/employment_and_social_policy/social_agenda/c10155_fr.htm
  5. ↑ Aurait, selon la commission, permis aux consommateurs européens de faire 11 milliards d'€ d’économie en 2008.
  6. ↑ Le congé de maternité, et des règles sur les travailleurs intérimaires
  7. ↑ Selon la commission, Cette mesure a eu une incidence directe sur l’emploi car elle aurait permis de créer environ 6,5 millions de nouveaux postes entre 2005 et 2007.
  8. ↑ Qui pourrait selon la commission se traduire par 12 milliards € en avantages économiques et par la création de 80 000 nouveaux emplois.
  9. ↑ Les règles européennes applicables aux produits cosmétiques par exemple sont désormais utilisées par l’ASEAN, le Mercosur et la Chine.

Pour la reconduction

Le PPE-DE (conservateurs) et l'ECR (nouveau groupe eurosceptique) approuvent la reconduction de Barroso (soit une majorité de 318 sur 736 députés) : ils veulent voter dès juillet.

A quoi pourrait s'ajouter le soutien de l'ADLE (démocrates/libéraux), qui offrirait à J-M Barroso la majorité absolue (372), en l'échange de la présidence du Parlement Européen à Graham Watson.

L'APSD (socialistes) est divisée : les socialistes espagnols, portugais, allemands et britanniques pourraient voter sa faveur, mais les Belges et Français sont contre. C'est pourquoi l'alliance souhaite repousser le vote à l'automne (pour trouver un autre candidat ?).

France : seule la Majorité Présidentielle (UMP et alliés) s'est prononcée pour la reconduction de Barroso.

Contre la reconduction

Les Verts européens souhaitent constituer un front anti-Barroso (avec la gauche européenne, la GUE-NGL) et proposer un candidat alternatif de dernière minute. Les socialistes de S&D et les démocrates de l'ADLE pourraient les rejoindre.

France : le MoDem, le PS (ils ont depuis changé d'avis), le NPA, Libertas (MPF et CPNT) et le Front de Gauche se sont prononcés contre la reconduction de Barroso pendant la campagne européenne.


L'homme de la dérégulation ?

Elu avec le slogan, « less regulation, better régulation » (moins de réglementation, une meilleure réglementation), il aurait essentiellement appliqué la première proposition :

  • Peu de textes proposés
  • Soutien de son commissaire au marché intérieur Charlie McCreevy dans son refus de toute réglementation des marchés financiers
  • N'a pas vu venir la crise bancaire et économique malgré malgré la faillite de la banque Northern Rock en septembre 2007 ; a tardé a réagir après les faillite de Lehman Brothers et de Fortis (on lui reproche de ne pas avoir contacté les autorités de surveillance des marchés, des banques et des assurances pour évaluer la situation ; il n'a mis en place un groupe de sages sur la surveillance prudentielle que sur insistance du Parlement en septembre 2008).
  • A proposé en mai un texte sur les fonds spéculatifs, qui ne les règlemente pas.


Un fervent défenseur de l'Europe intergouvernementale ?

  • Aurait tout fait pour freiner les travaux de la Convention chargée de rédiger le projet de constitution européenne, un projet trop fédéral
  • Son représentant a très souvent joint sa voix à celles des Britanniques ou des Polonais
  • Sa défense fervente de la directive Bolkenstein en 2005 aurait alimenté la campagne du "non"
  • Après le double "non" franco-néerlandais, il a enterré le projet, alors que certains Etats souhaitent poursuivre la ratification
  • Aurait réduit le rôle communautaire de la Commission en la plaçant systématiquement du côté des organes intergouvernementaux (Conseil de Ministres et Conseil Européen), au détriment de l'intégration communautaire et du Parlement Européen


Un manque de courage politique ?

Se serait plié aux exigences des Etats afin d'assurer sa reconduction :

  • En n'intervenant que très peu au Conseil Européen
  • En ne soutenant pas le projet d'augmentation budgétaire de la Commission
  • A renoncé, face aux revendications des Etats, que la Commission vérifie l'application de l'agenda de ratification de Lisbonne pour l'horizon 2010
  • Ne tiendrait pas compte du choix des citoyens européens en briguant un nouveau mandat alors même qu'il a essuyé trois revers électoraux (le double "non" de 2005 et le non irlandais à Lisbonne)


L'homme des anglo-saxons ?

  • Il organisa le « sommet des Açores » de 2003, réunissant les États-Unis, l’Espagne et la Grande-Bretagne et au cours duquel fut annoncé le début de la guerre en Irak.
  • Il aurait joué un rôle trouble dans le transfert des prisonniers vers Guantanamo, laissant les avions de la CIA atterrir et survoler le Portugal.
  • Il n'a jamais regretté publiquement son soutien à Georges W. Bush


Un homme sans vision ?

Il serait l'un des Présidents de la Commission ayant proposé le moins d'idées nouvelles pour relancer l'Union, laissant le champ libre à des hommes comme Nicolas Sarkozy durant sa présidence.

  • A la suite du rejet de la Constitution, sa seule proposition a été celle de « l’Europe des résultats » destinée, selon lui, « à faire passer l’Europe de la réflexion  à l’action ».
  • L’idée du traité de Lisbonne revient à l’équipe entourant le candidat Nicolas Sarkozy.
  • Dans son bilan, seul le paquet énergie/climat le sauverait, mais il a été exigé par le Conseil européen et a été adopté grâce à Nicolas Sarkozy en décembre 2008.


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Les débats politiques se résument trop souvent à des "dialogues de sourds pour pensées muettes".
— Frédéric Deville

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